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1erprintemps

Actes

Les actes du colloque ont été édités sous la forme d’un livre de poche paru aux éditions Weyrich.

Ils peuvent être obtenus en librairie, au prix de 11€, ou en les commandant directement chez l’éditeur (frais de port en sus) : www.weyrich-edition.be

Voici quelques extraits des différents exposés :

LE BONHEUR DE PRENDRE SOIN

Marc Fourny

« Je me souviendrai toujours de ces personnes travaillant dans une unité de soins palliatifs où se trouvait une de nos étudiantes atteinte d’un cancer en phase terminale. Il n’y a pas de mots assez puissants pour décrire leur investissement personnel et ce qu’elles recevaient en retour.

Y trouvent-elles le bonheur ? Mais peut-on parler de bonheur ? Affirmer cela serait sans doute totalement indécent.

Il y a cependant la satisfaction d’avoir…et la liste est bien longue à énumérer.

Donner du sens. Voilà la signification du « bonheur de prendre soin ». Voilà la source de cette énergie !

…Enseignons la prudence et le doute scientifique, mais gardons toujours l’ambition de former des femmes et des hommes capables d’aller vers les autres, de les entendre, de les comprendre, de les aider. En un mot, enseignons la fraternité. »

CHEMIN FAISANT, L’ÉTHIQUE, LE BONHEUR…OU LE CHEMIN ?

Cécile Bolly

« Le bonheur de prendre soin est peut-être proportionnel à la qualité de présence et d’attention à l’autre que nous pouvons développer.

Cela demande une écoute toute simple, une écoute dépouillée.

Accompagner l’autre, n’est-ce pas seulement se relier à ce qu’il y a de plus présent en lui ?

…Un atelier de réflexion éthique ne peut pas exister si on n’accepte pas d’abord de faire siennes les exigences d’une écoute attentive. Elle seule est capable de laisser émerger, comme un lutin sorti d’une boîte, ce petit « ça ne va pas ! » que nous nous disons parfois à nous-mêmes et qui nous empêche de passer notre chemin.

…L’écoute, aussi juste soit-elle, n’épuise pas le mystère de l’altérité. »

PRENDRE SOIN ET ÊTRE HEUREUX : MISSION IMPOSSIBLE ?

Jean-Michel Longneaux

« Et si les moments de bonheur vécus par les soignants n’étaient rien d’autre que des moments de résistance dans un univers médical qui n’en a que faire ?

…Ces instants de grâce, volés sur les heures de travail, ces précieuses minutes gaspillées en pure perte sont une forme de résistance – soudain nous ne sommes plus un simple rouage dans une mécanique bien huilée – mais une forme de résistance qu’on dira passive puisqu’elle nous surprend plus que nous ne la provoquons.

…Du coup, il apparaît clairement que le bonheur, qui reste le moteur de l’existence de chacun, est une tâche, un but vers lequel tendre volontairement, précisément parce que le contexte des soins s’y oppose ou moins n’y contribue pas naturellement. En d’autres termes, le bonheur devient synonyme de combat. Vouloir être heureux et contre tout, c’est résister activement.

Concrètement, comment mener ce combat ? A vrai dire, nous n’avons aucune excuse, car de nombreuses possibilités s’offrent à nous pour agir collectivement. »

L’OUVRAGE DE LA GAIETÉ

Serge Vidal

« Sachant que j’allais prendre la parole aujourd’hui devant vous, ces dernières semaines j’ai demandé à des soignants que je croisais sur ma route de me partager des moments de bonheur.

J’ai réfléchi aux composantes de ces moments de bonheur. Une première chose qui m’est apparue, c’est que ce sont des moments qui n’ont rien de spectaculaire. Ce sont des moments assez ordinaires, de la vie courante.

Une autre composante, c’est que ce sont des moments qui nous touchent au plus intime de nous-mêmes. Une profonde sensation de justesse. Comme si ces moments concrétisaient pour chacun de nous une aspiration très profonde, un désir très intense, quelque chose comme « Ah, j’avais raison d’espérer qu’un moment comme cela soit possible ! ».

…Comme conditions à ces moments de bonheur, je vois une présence à soi, ainsi qu’une capacité à accueillir les émotions, à se laisser toucher ; je vois aussi une capacité à se laisser nourrir, à recevoir ; une capacité à s’autoriser ce moment de bonheur…c’est fondamental et ce n’est pas le plus facile… »

SOIGNER, C’EST PARTAGER

Martin Winckler

« Soigner n’est pas, ne peut pas être, n’est jamais une relation de pouvoir. Le soin est antinomique et incompatible avec l’exercice du pouvoir. Et ceci pour une raison très simple : le soin est destiné à celui qui souffre et n’appartient pas à celui qui le délivre. Ce n’est ni une récompense qu’on accorde ni une punition qu’on inflige. Il ne peut-être ni refusé ni imposé. Pour prendre toute sa valeur, un soin doit être proposé sans réserves et accepté librement.

…Toute tentation de pouvoir dans le soin est, à mon humble avis, contraire à l’éthique.

Je pars en effet du principe que si la maladie et la souffrance isolent, le pouvoir isole aussi. Et qu’un professionnel du soin qui ne jure que par le pouvoir est beaucoup plus mal en point qu’un malade. Car un malade, contrairement à l’homme de pouvoir, demande le plus souvent à être soigné…Si soigner n’est jamais une relation de pouvoir, si les deux membres du soin – soignant et soigné – sont libres, alors, il n’est pas difficile de comprendre que soigner, c’est partager. »

PETITS MOMENTS DE PRENDRE SOIN, DE MUSIQUE ET DE BONHEUR

Florence Ménestret

« Il fait lourd et chaud dans la chambre. Papy a les yeux fermés. Je ne sais pas s’il dort ou s’il écoute les nocturnes de Chopin. Je m’assieds près de lui et me laisse bercer par ce doux flot de notes. Il ouvre les yeux, son regard est plein de tendresse. Il me tend la main, je la serre et l’embrasse. Nous écoutons une autre nocturne. J’ai l’impression que ses yeux, ses mains, son sourire disent ce qu’il ne sait plus dire avec les mots. L’espace d’un instant, il n’y a plus de douleur, d’agitation, de tristesse. Juste nous deux, des émotions partagées et …Chopin. Après quelques minutes, papy murmure dans un souffle: « comme c’est beau la flûte ! » Il sourit et s’endort me laissant un peu perplexe mais légère, nourrie de belles notes et d’amour. »

LA MONTAGNE, LE COQUELICOT, L’OCÉAN

Véronique Grandjean

« Le premier précepte pour celui qui veut être initié à la méditation n’est pas d’ordre spirituel mais physique : Assieds-toi ! Assieds-toi comme une montagne.

…Méditer, c’est aussi une orientation.

C’est ce que m’apprend le coquelicot.

…Cette orientation vers le beau, vers la lumière, me fera rougir quelque fois comme le coquelicot ! Comme si… la « belle lumière » était celle d’un regard qui me sourit et attend de moi quelque parfum.

…Maintenant je m’installe devant l’océan.

Que peut m’enseigner le clapotis des vagues ?… »

COMMENT JE VEUX SOIGNER POUR ÊTRE HEUREUX(SE)

Des étudiant(e)s infirmiers de 3ème année à la HERS

« Je veux être une soignante qui offre non seulement des soins de qualité, mais qui apporte aussi quelque chose de supplémentaire au patient par ma propre personne. »

« Soigner nécessite de respecter la pudeur, l’intimité, les croyances du patient et d’inclure son entourage car un patient vient rarement seul à l’hôpital, mais il est en plus chargé d’émotions et de soucis ».

« Pour être une soignante heureuse, je vaux garder mon esprit critique, ne pas basculer dans les automatismes et m’interroger à chaque acte que je pose ».

« Pouvoir aller à la rencontre des gens, avoir une relation vraie, sincère et profonde font partie de mes objectifs pour garder l’équilibre ».

QUELQUES MOYENS POUR NE PAS GLISSER DU RÔLE DE SOIGNANT À CELUI DE « SOI NIANT »

Anne van Stappen

« Or, au fond d’eux-mêmes, les êtres humains aspirent le plus souvent à contribuer au bien-être et à la qualité de la vie, tout autant pour eux-mêmes que pour leur entourage. Et ils sont vraiment heureux quand ils parviennent à atteindre cet objectif.

Ainsi, pour faire face à toutes les pressions et les tensions quotidiennes, pour interrompre le cercle vicieux de la violence sous toutes ses formes – violence verbale, violence physique, violence contenue ou exprimée, violence sur soi ou sur l’autre – et pouvoir ainsi exercer son métier de soignant de manière agréable et épanouissante, il est particulièrement nécessaire de développer une communication authentique et satisfaisante et de recevoir de l’empathie. »

AMADOUCE

Michèle Nguyen

« Je ne parle que de ce que je connais, de ce qui m'a traversé. C'est vrai ma maxime, c'est : je n'invente rien, je trempe ma plume dans le quotidien. Moi ce que j'ai envie, c'est transmettre tous les secrets de vie que je peux glaner de ci de là. Je me dis « ah je sais ça », c'est tellement fabuleux de savoir ça, que d'office, j'ai envie de le dire. »

Extraits de « Le bonheur de prendre soin », Marc Fourny et collaborateurs, Editions Weyrich, 2007.

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